Kraamzorg, une personne ressource pour un post-partum en or

Kraamzorg, une personne ressource pour un post-partum en or

Kraamzorg, qui sont ces fées du post-partum aux Pays-Bas ? 

En néerlandais, "kraamzorg" signifie littéralement “soin en lien avec la maternité”. En fait, comme nous le résumait si bien Jeanne dans l’épisode 164 de notre podcast bliss.stories, une kraamzorg est "à mi-chemin entre une aide à domicile et une infirmière qui aurait des connaissances en lactation.” Présente sans être envahissante, aidante sans être intimidante, la kraamzorg est une perle, un véritable caméléon qui observe et agit selon les besoins des parents qu’elle accompagne et soutient. Une perle, on vous dit ! 

Une aide précieuse dès la sortie de la maternité. 

La kraamzorg tient auprès des jeunes parents un rôle central qui commence dès l’arrivée du bébé, parfois même dès son premier cri...

Eh oui, lorsque la maman a choisi d'accoucher à la maison, la kraamzorg est déjà sur place puisqu'elle assiste la sage-femme pour l'arrivée du nouveau-né et assure les premiers soins. 

Pour les accouchements réalisés à la maternité ou en maison de naissance, la kraamzorg est appelée avant la sortie des jeunes parents afin de se rendre chez eux et être immédiatement à leur chevet.

Car oui, la kraamzorg est littéralement au chevet des parents puisqu'une fois le pas de la porte franchi, elle prend tout de suite soin d'eux et cela commence par une bonne sieste, comme nous le confie Delphine Petit-Postma, française expatriée aux Pays-Bas et kraamzorg depuis plus de trois ans : "Je les invite à se recoucher pour reprendre des forces pendant que je m'occupe du bébé".

Les parents sont toujours très heureux de me voir

Une Mary Poppins en mieux !

Avec bienveillance et empathie, la kraamzorg guide les premiers gestes des jeunes parents, montrent les soins quotidiens à prodiguer au nouveau-né, ne manque pas de demander à chacun "comment il va". Et puis il y a toute l'intendance du foyer qu'elle gère, en s’assurant que la maison est rangée, que les sanitaires sont propres et que le linge est pliée. Et si elle ne fait pas les courses, elle cuisine volontiers des plats selon les goûts et les habitudes des jeunes parents. Par sa présence et ses actions, elle leur enlève une sacrée charge mentale et leur offre du temps pour eux et leur bébé. Et d'une certaine façon, elle rythme la jounée, notamment par les repas, et peut aussi modérer les visites qui peuvent être éreintantes ! 

Aux petits soins pour les parents, la kraamzorg l'est aussi pour le bébé dont elle surveille la courbe de poids et les éventuels signes de fièvre, d’infection ou de complications. Elle garde aussi un oeil sur la maman, son corps et ses éventuelles cicatrisations, et n'est jamais avarde de conseils pour aider à la mise au sein ou adoucir une montée de lait douloureuse. Car oui, en plus d’être une fée du logis avec des connaissances médicales solides, elle est aussi un soutien pour les mamans allaitantes bien heureuse d'avoir une aide à domicile pour adopter les bons réflexes et trouver la meilleure position pour la tétée.

Et, les premiers jours, la meilleure position étant la position allongée, la kraamzorg met tout en oeuvre pour permettre à la maman de ne pas trop bouger de son lit et de n’avoir qu’à penser à son bébé !  Une perle, on vous le répète !

Le co-parent doit être le bras droit de la kraamzorg

La Kraamzorg confie une place centrale au co-parent. 

Comme le confie Delphine Petit-Postma : “Dès les premières heures, je montre tous les premiers gestes au père pour qu’il prenne la relève quand je ne suis pas là. Cela permet une implication dès le début, et il adore ça ! Il peut se positionner et prendre possession de son nouveau rôle.” Ainsi Delphine nous rappelle combien le rôle du co-parent est important les premiers temps, notamment au moment de la chute d’hormones qui peut laisser certains pères désemparés face à une compagne inconsolable. Et la kraamzorg est aussi là pour les prévenir qu'ils doivent s'attendre à cet état inévitable et incontrôlable, et qu’il n’y a pas de solution miracle à part d’être présent, rassurant et confortant. Informés, les pères sont mieux armés et souvent ils assurent !  

L’arme douce contre le baby-clash ! 

On sait combien le manque de sommeil, l’hypervigilance des premiers temps et toutes les nouvelles responsabilités qui s’abattent sur les épaules des parents peuvent être une source de tension, d’incompréhension et de discorde. Selon la situation, la kraamzorg peut jouer un rôle de médiatrice et aider les parents à relativiser. Et mine de rien, sa présence neutre, objectif et bienveillante participe à rendre le climat des premiers jours et de la suite plus doux ! 

La kraamzorg voit naître des parents

Comment trouver sa fée kraamzorg ? 

C'est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! Si on ne sait pas où chercher, le mieux est de s'adresser à un bureau des naissances, kraamburo, qui se charge de mettre en relation une kraamzorg avec la famille. Mais il existe aussi des kraamzorg libérale. Et là, commence LA quête ! On se tourne vers ses amies et ses connaissances, on va à la pêche aux infos et on glane les recommandations.

Après, la bonne nouvelle, c'est que les services d'une kraamzorg sont pris en charge par le service de santé néerlandais, qu'on fasse appel à un bureau des naissance ou à une kraamzorg libérale. Comme en France pour le choix de la maternité, c’est au moment de déclarer sa grossesse que l’on fait part de son souhait. Cette déclaration est importante puisqu’elle ouvre des droits et notamment celui de recevoir un kraampakkett avec tout le nécessaire dont la kraamzorg aura besoin pour assurer les premiers soins de la maman et de son nouveau-né.  

Un droit mais pas une obligation ! 

La kraamzorg intervient durant 49 heures réparties sur 8 jours et sa venue est faite à la demande des parents, car son aide n'est pas obligatoire. Mais rares sont les familles qui se privent des services d'une kraamzorg, pris en charge à 100% par les compagnies d’assurance. 

Tous les sujets sont abordés, même les plus tabous. 

Avec la kraamzorg, les parents peuvent aborder sans tabou tous les sujets qui les questionnent. D'ailleurs, le fameux kraampakkett réserve un livret de transmission, dans lequel la kraamzorg reporte un certain nombre d'informations concernant l'évolution du bébé et de la maman, qui est aussi un guide réunissant tout un tas de sujets dont elle va parler avec les parents au fil des 8 jours. Des plus communs, comme le bain, le change et la position de coucher du bébé, aux plus délicats, tel que le syndrome du bébé secoué. 

La kraamzorg est une confidente

La Kraamzorg au chevet des parents endeuillés.

Parce que les parents qui doivent faire face au deuil périnatal ont autant besoin de soutien que les autres familles, la kraamzorg est aussi formée pour les accompagner durant ce chapitre si douloureux, notamment dans les démarches administratives et l'organisation des obsèques. À la fois neutre et bienveillante, elle est une personne de confiance vers qui les parents de ces "bébés silencieux", comme on les nomme aux Pays-Bas, peuvent se tourner pour s'effondrer, se confier et trouver réconfort sans la peur d'être jugés. 

 

 

Les ressources dont on dispose en France :

Alors ok, en France, on n'a pas encore de kraamzorg mais on dispose malgré tout de nombreuses ressources vers lesquelles se tourner.

  • le prado, le service de retour à domicile, pour des courtes visites d'une sage-femme les premiers jours du post-partum.
  • le service départemental de Protection Maternelle Infantile (P.M.I.), pour des consultations et des actions médico-sociales de prévention et de suivi. 
  • les doulas post-partum.
  • Mumiz, un service qui met en relation les parents avec des professionnels de la périnatalité.
  • le technicien de l’intervention sociale et familiale (TISF), pour un soutien dans le quotidien (entretien du logement, préparation des repas, l’aide aux devoirs…).
  • "Post-partum, le documentaire", une mine d'informations sur le quatrième trimestre avec les entretiens de mamans, médecins, doulas, sage-femme, consultante en lactation, et dans lequel retrouver Delphine Petit-Postma, que nous tenons à remercier à nouveau pour son aide si précieuse et que tu peux découvrir ICI.
  • Tout sur ELLES, le nouveau podcast de la journaliste Nina Pareja et d'Anna Roy, sage-femme engagée et passionnée, et membre de la #BlissFamily.

☀️ Si cet article t’a aidée à y voir plus clair ? Alors dis-toi que Bliss Bump Post-partum by bliss te sera d'un soutien encore plus grand pour te guider l'après accouchement avec des infos utiles, des conseils pratiques et des témoignages inspirants sur le séjour à la maternité, les maux du post-partum, le sommeil de bébé, l'alimentation, l'allaitement ou encore le retour au travail. 

💛 Kraamzorg : tu veux creuser le sujet ? Le live avec Delphine Petit-Postma est disponible sur IGTV.

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Nous tenons à rappeler que Bliss est là pour éveiller les consciences et partager des connaissances mais en rien pour se substituer aux professionnels de santé qui restent vos meilleurs interlocuteurs. 

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